25 Novembre 2016

Faut-il craindre les acquisitions chinoises ?

La Chine est désormais le plus grand acteur du M&A trans-frontières. Ses capitaux étaient autrefois accueillis avec faveur dans une Europe endettée. Ils suscitent désormais un raidissement, même de la part de son plus proche partenaire, l'Allemagne.

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La Chine a multiplié son PIB par 30 depuis le lancement des quatre modernisations en 1978. Elle est désormais la seconde économie mondiale. Son plus grand défi n’est pas le ralentissement de la croissance mais la réorientation de son économie vers des services et des productions à plus forte valeur ajoutée. La Chine approche en effet du seuil du « middle income trap », ce niveau de PIB/habitant (typiquement 10-15000 $) que très peu de pays émergents sont parvenus à franchir. La rente du travail bon marché n’est en effet pas durable. Les salaires augmentent, la compétitivité du pays disparaît et l’économie stagne.

C’est pourquoi la Chine a lancé le plan Made in China 2025, Son objectif est de dominer les technologies de 10 secteurs industriels et de bâtir des marques internationales. Par quels moyens ? L’éducation scientifique, l’exploitation du potentiel des Joint Ventures et depuis peu, la multiplication des projets d’acquisition d’entreprises étrangères. La Chine est devenue en 2016 le premier pays d’origine des transactions « cross border », avec un focus particulier pour ce qui concerne les technologies allemandes. L’acquisition de Kuka, pépite de la robotique et de l’industrie 4.0 est symbolique à cet égard.

Cette stratégie vient de subir un revers inattendu avec le refus de Berlin d’autoriser le rachat d’Aixtron par une entreprise chinoise. Ce spécialiste des microprocesseurs de performance est en effet actif dans l’industrie nucléaire. Le gouvernement allemand propose aussi à l’Union Européenne d’élargir le champ des secteurs soumis à autorisation en cas de projet d’acquisition. Dans le même ordre d’idées, L’UE ne reconnaitra probablement pas à la Chine le statut d’économie de marché fin 2016. Le cas de l’acier est emblématique d’un nombre trop élevé de situations de dumping.

L’Europe n’est pas entrée dans une guerre commerciale avec la Chine. Mais elle souhaite envoyer un signal clair : les relations entre puissances économiques comparables doivent être empreintes de réciprocité. L’élection de Donald Trump à la présidence pourrait paradoxalement conforter la crédibilité de ce message, car elle rend l'Europe plus indispensable à la stabilité du monde.

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