19 Février 2017

Faut-il craindre un krach obligataire ?

Une conséquence inattendue de la crise financière a été l'écrasement des taux d'intérêt, à un niveau exceptionnellement bas. Le risque est aujourd'hui asymétrique: la probabilité d'une hausse est plus forte qu'une baisse. Les "esprits animaux" peuvent-ils être entraînés dans une course folle vers un krach obligataire ?

Une conséquence inattendue de la crise financière a été l’écrasement des taux d’intérêt , à un niveau exceptionnellement bas. Ces taux sont reflétés dans le marché obligataire, lieu où les Etats et les entreprises empruntent auprès d’investisseurs financiers : compagnies d’assurance, fonds de pension et autres épargnants. Les économistes posent souvent la question des conséquences d’un krach obligataire, c’est-à-dire d’un relèvement brutal des taux d’intérêt.

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La leçon grecque


La brusque remontée des taux de la dette souveraine grecque, aux alentours de 10%, démontre que le régime d’une dette « low-cost » n’est pas une donnée permanente de l’après-crise. Les taux d’intérêt ont été maintenus à des niveaux très bas grâce à l’action déterminée des banques centrales et à la garantie politique des Etats. Cette configuration n’est pas éternelle.

Le spectre du krach de 1994


Aux niveaux actuels, le risque de marché est asymétrique. Le scénario de la hausse des taux est plus probable que celui de leur baisse. C’est pourquoi le souvenir du krach obligataire de 1994 hante les esprits des économistes. Les taux des emprunts d’Etat américains avait alors bondi de 5,6% à 8% en l’espace de 9 mois. Ce mouvement de marché avait été entretenu par des décisions techniques de la FED et des surprises géopolitiques. Les investisseurs avaient enregistré des pertes financières importantes, sans que l’économie réelle n’en souffre fondamentalement, car cette phase avait été presque immédiatement suivie d’une longue période d’expansion économique.

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2017 : un nouveau régime économique et politique


L’histoire peut-elle se répéter, cette fois-ci dans la configuration plus fragile du monde de l’après-crise ? Cette inquiétude est plus crédible en 2017. Les Etats-Unis, marché directeur, ont en effet opté pour un changement de régime économique : La FED a décidé de monter ses taux pour prévenir des tensions inflationnistes. Le pays connaît un très faible taux de chômage et la hausse des prix connaît son plus haut niveau depuis deux ans. L’inflation sera d’ailleurs encouragée par la politique économique du Président Trump et sa volonté de procéder à des baisses d’impôts, de lancer un plan d’infrastructures et d’adopter des mesures protectionnistes.

Les marchés sont aussi très sensibles à des chocs géopolitiques, en général très mal anticipés. 2017 offre également un rare alignement d’étoiles à cet égard. La politique étrangère des Etats-Unis inquiète. La Chine consolide sa sphère d’influence en Asie. La Russie s'engage activement en dehors de ses frontières. Les négociations du Brexit s’engagent dans un climat difficile. L’Union Européenne devra surmonter le choc d’élections qui verront progresser les partis souverainistes. Une crise de marché est donc possible. Aura-t-elle des conséquences économiques ? C’est la vraie question.

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Les taux remonteront, mais comment ?


En tout état de cause, il est souhaitable que les taux d’intérêt remontent. Leur très bas niveau est la conséquence d’une faible croissance et de l’impact de mesures de sauvetage d’urgence. La question est de savoir s’ils le feront de façon ordonnée, en conséquence d’un retour à la normalité économique. Les pertes financières seront alors compensées, comme en 1994, par les dividendes de la croissance.

Ou bien si leur hausse sera la conséquence de l’adoption d’un régime mondial non coopératif et inflationniste. Ce sera l’enjeu réel des débats politiques en Occident. 

Le discours de Xi Jinping à Davos a quant à lui donné le ton de la position chinoise...

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