07 Avril 2016

Le Modèle Fintech, Ami ou Ennemi des Banques ?

Après avoir traversé avec difficulté la crise financière, les banques européennes se heurtent désormais à un mur stratégique. Pour trois raisons : la réglementation qui comprime le rendement des fonds propres; les banques centrales qui dégradent les marges d’intermédiation, le Modèle Fintech qui rêve de « disrupter » les activités les plus rentables.
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La réglementation post-crise comprime le rendement des fonds propres, désormais inférieur au coût du capital pour l’ensemble du secteur. Une situation dont le marché tire les conclusions en donnant au secteur bancaire une valeur significativement plus basse que celle de son actif net. 

L’action des banques centrales dégrade les marges d’intermédiation. L’activité de prêt est mal rémunérée dans un environnement de taux aberrant d’un point de vue historique. 

Les progrès de la technologie créent la nouvelle concurrence des , là où les conditions d’exploitation demeuraient favorables. Malgré la faiblesse des volumes, le peer to peer lending et le crowdfunding défient de façon crédible le cœur du métier bancaire. Les firmes de technologie investissent massivement le domaine des moyens de paiement aux Etats-Unis et en Chine. Le très rentable secteur de la gestion d’actifs est quant à lui confronté à la diffusion des et de l’intelligence artificielle.

Même si l’avenir n’est pas écrit, ce secteur est un cas d’école de la capacité de la technologie à « disrupter » le secteur financier. Depuis les années 50 et les travaux du prix Nobel Harry Markowitz, la théorie énonce qu’un investisseur rationnel devrait posséder un seul portefeuille, celui qui contient tous les actifs disponibles. Dans le monde réel, un mélange d’indices représentatifs des marchés d’actions et d’obligations. Avec une dose de cash proportionnelle à l’aversion au risque de l’épargnant.

Les robo-advisers appliquent la théorie et proposent d’investir dans un panier de fonds indiciels, à un coût qui peut être dix fois inférieur à celui des solutions classiques.

On rétorquera que la théorie est fondée sur le paradigme des marchés efficients. Un modèle très critiqué et dont les faiblesses sont bien la raison d’être du secteur de la gestion d’actifs. L’intelligence artificielle, récemment illustrée par la victoire d’AlphaGo sur le champion du monde Lee Sedol, propose des solutions à cet égard. Ses promoteurs, firmes technologiques et géants de la finance, proposent de déceler les meilleures opportunités d’investissement grâce à des logiciels experts, plus fiables et performants que les professionnels affectés à ces missions. Il reste bien sûr à en convaincre les épargnants et les régulateurs, mais la généralisation de l’intelligence artificielle rendrait possibles des massives réductions d’effectifs. Elle rendrait peut-être aussi le marché réellement efficient, mais ceci est une autre histoire…

La technologie pourrait ainsi permettre de transformer massivement la structure des coûts et des revenus de la gestion d’actifs, que les marchés soient efficients ou non. Moins rapidement que dans des secteurs plus ouverts, comme la musique, car les barrières à l’entrée, réglementaires ou culturelles, sont élevées. Notre exemple donne cependant une idée des nouveaux défis que les banques affrontent désormais, face à des concurrents qui pourraient être les champions de la data, en l’état strictement américains et chinois.

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