22 Mars 2017

Faut-il taxer les robots ?

Comme Benoît Hamon, Bill Gates vient de proposer de taxer les robots afin de ralentir le rythme d’une innovation destructrice d’emplois. Une initiative étonnante de la part de la figure la plus célèbre de la technologie mondiale. D’autant que le machinisme et la technologie sont depuis deux siècles des vecteurs essentiels de la croissance économique. Quels en sont les motifs ? Pourquoi spécialement les robots ? Et qu’en pensent les Chinois ? Quel est enfin le lien avec la notion de revenu universel ?

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Le machinisme est inséparable de la croissance économique

Les grandes inventions du 18ème et du 19ème siècle sont à l’origine de la révolution industrielle. L’âge de la machine coïncide avec un extraordinaire épisode de croissance économique amorcé en Grande Bretagne aux alentours de 1800. Un moment crucial: l’occident échappe à la stagnation malthusienne.

Pour Bill Gates, ce progrès trouve aujourd’hui sa limite avec un potentiel de destruction ultra-rapide d’emplois dont les titulaires ne retrouveront pas facilement une occupation rémunérée. C’est l’intelligence artificielle et la robotique qui changent la donne, avec les camions sans chauffeurs, les entrepôts sans manutentionnaires et les usines sans ouvriers. Certaines études économiques évaluent à près de 50% les activités humaines susceptibles d’être remplacées par des automates.


Taxer les robots ou les rentes ?

Pour de très nombreux économistes, la taxation des robots n’est pas une bonne idée. L’investissement améliore la productivité. La focalisation sur les robots relève d’une fascination anthropomorphique. Pourquoi ne pas taxer tous les systèmes qui remplacent l’homme, y compris les logiciels ? Et surtout, le véritable problème de la technologie n’est-il pas plutôt l’accumulation stérile de la rente monopolistique chez les géants du secteur ? S’il s’agit de créer les conditions d’une redistribution efficace et du financement de programmes ambitieux de reprise de l’emploi, il vaut mieux taxer les rentes plutôt que les robots.


Et la Chine ?

Pour le gouvernement chinois, la technologie est au contraire l’outil qui continuera d’assurer le développement de la Chine. Il s’agit au contraire d’accélérer l’équipement en robots pour monter en gamme et maintenir les emplois sur le territoire. Une stratégie bien différente de l’idée qui progresse en occident, à gauche et parmi les libéraux : celle d’un revenu universel protecteur face aux ravages de la technologie.

Soyons clairs. Selon nous, il faut maintenir la valeur sociale du travail tandis que nul n’arrêtera le progrès technique. Les autorités publiques ont la très difficile mission de trouver des solutions techniques compatibles avec ces deux impératifs.

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