15 Mars 2016

Intelligence Artificielle, Ethique et Economie

  La victoire de la machine sur l’homme n’est pas nouvelle. Deep Blue avait déjà battu en 1997 Gary Gasparov, le meilleur joueur d’échecs de tous les temps. L’intelligence artificielle fait en réalité déjà partie de notre vie quotidienne. Par exemple, l’algorithme « Deep face » de Facebook identifie finement les visages sur des photos. Pourquoi l’exploit [...]
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La victoire de la machine sur l’homme n’est pas nouvelle. Deep Blue avait déjà battu en 1997 Gary Gasparov, le meilleur joueur d’échecs de tous les temps. L’intelligence artificielle fait en réalité déjà partie de notre vie quotidienne. Par exemple, l’algorithme « Deep face » de Facebook identifie finement les visages sur des photos.

Pourquoi l’exploit de DeepMind suscite-t-il donc un aussi grand intérêt ? Pour deux raisons:

Le go est comme les échecs un jeu structuré par un petit nombre de règles. Mais le nombre de pièces est plus grand tandis que le plateau est plus vaste. La multitude des options de jeu relève d’une explosion combinatoire (« beaucoup plus de configurations possibles que de particules dans l’univers ») qui demeurait un défi pour les plus puissantes architectures d’ordinateurs

AlphaGo utilise la reconnaissance de formes, « l’expérience » de millions de parties et donc une forme « d’intuition » supposée caractéristique du cerveau humain. Une somme de techniques associées au « deep learning », un mode d’auto-apprentissage des règles et des réponses fondé sur l’exploitation de gigantesques bases de données.

La réussite d’AlphaGo suscite une question éthique. Elle pose un problème économique.

Ethique car l’intelligence artificielle inquiète, y compris dans des cercles éclairés: Bill Gates pense que le monde devrait s’inquiéter de ses progrès. Stephen Hawking et d’autres prix Nobel la considèrent comme le plus grand danger qui menace l’espèce humaine

Economique parce qu’un récent papier de recherche de l’université d’Oxford alerte sur les conséquences possibles des progrès de l’intelligence artificielle. Les auteurs s’intéressent aux emplois industriels et aux métiers cognitifs et non routiniers, ceux qui sont restés immunes à l’informatisation: conducteurs de véhicules, juristes, contrôleurs (des fraudes ou de la qualité des réseaux), etc. Ils construisent ensuite un modèle probabiliste pour conclure que l’innovation est susceptible de supprimer 47% des emplois d’ici 10 à 20 ans.

L’intelligence artificielle pose donc deux problématiques centrales :

  1. Est-il souhaitable, est-il possible de contrôler des machines qui atteignent un certain degré de conscience ?
  2. Comment organiser une économie et une société dans laquelle des automates peuvent remplacer une très grande partie des travailleurs intellectuels et manuels ?

Lire l’article développé: L’ Intelligence artificielle, pour le meilleur ou pour le pire ?