03 Décembre 2012

La contestation de la City de Londres

Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France vient de déclarer, selon le Monde, que « l’essentiel des affaires en euros devrait être fait au sein de la zone euro », ajoutant que « La majeure partie des transactions devrait être sous notre (BCE) contrôle »

Interrogé aujourd’hui par lemonde.fr j’ai exprimé le point de vue selon lequel...

  1. Il est effectivement irritant qu’une zone économique voie la majorité des transactions financières la concernant être effectuée sur une place étrangère.
  2. Mais qu’il convient aussi de s’interroger sur les raisons structurelles d’une telle domination, afin de nous doter des avantages comparatifs nécessaires dans un monde ouvert à la concurrence.


La stratégie de la City de Londres a été historiquement fondée et construite, entre autres, sur:

  • une politique active d’accueil des institutions financières internationales, dans un environnement très concurrentiel, dans la perspective de stimuler l’innovation et de localiser les emplois dans la City
  • Le développement de fonds de pension qui ont permis de développer des expertises dans toutes les classes d’actifs. expertises mises au service de l’épargne mondiale, qui a trouvé convenance à être gérée et conseillée depuis la City
  • La capacité de proposer une gamme complète de services au sein d’un réseau, d’un « cluster » d’entreprises spécialisées
  • Une réglementation accomodante, tant pour les institutions que pour les individus
  • Une proximité culturelle et académique avec les Etats-Unis, l’usage de l’anglais comme lingua franca des affaires
  • etc, ….

La place de Paris ne peut pas et ne doit pas copier un modèle dont les succès n’ont d’ailleurs pas été universels. Il est cependant très clair que la priorité donnée à l’élargissement du spectre des classes d’actifs et la priorité donnée à l’épargne longue (mondiale) sont autant d’atouts qui devraient inspirer nos stratégies.

Lire ici article du Monde