20 Juin 2013

« TTF: la tentation de l’exil » Les Echos, 18 juin

 Dans cet entretien, je discute la détérioration de l’ecosystème financier français, encore accentuée par le projet de TTF (Taxe sur les Transactions Financières en Europe), dont la France serait la première victime. Cette taxe pénalisera évidemment l’activité des institutions financières françaises. Cela est d’ailleurs l’objectif recherché par certains de ses promoteurs. 

Dans le monde réel l’essentiel du prélèvement affectera l’épargne et les entreprises françaises, avec un rendement d’ailleurs très dégradé puisque une partie de l’assiette de la TTF sera détruite tandis que l’essentiel des activités « mobiles » sera effectué en dehors de la zone de coopération renforcée (les onze pays ayant décidé d’appliquer cette taxe).

Une conséquence serait en effet la délocalisation accélérée d’activités vers Londres, les Pays-Bas ou le Luxembourg. Non seulement de la part des gestionnaires d’actifs mais aussi des directions financières des grandes entreprises. « 40 % du capital des entreprises du CAC 40 qui sont détenus par des étrangers. Ces actionnaires ne comprennent pas un projet de taxe qui leur paraît aller à l’encontre des intérêts des entreprises. Ils le feront savoir. Les entreprises se rapprocheront géographiquement des grands centres de gestion et de services financiers, qui seront probablement encore plus concentrés à Londres ». On peut discuter du principe d’une TTF, mais en réserver l’application à onze pays équivaut en réalité à un abandon de souveraineté financière. Et il est vain d’espérer que cette taxe aura un effet d’entraînement à Londres, New York, Hong Kong ou Singapour.

Avec l’Amafi, nous préconisons la recapitalisation du Fonds de Réserve des Retraites, à hauteur de 100 milliards d’Euros. Ce dispositif vise l’atteinte de quatre objectifs : « créer un « choc de financement » au bénéfice des entreprises françaises ; contribuer à rétablir l’équilibre du régime général des retraites ; « sanctuariser » les réserves des régimes complémentaires ; dynamiser la place de Paris et l’ensemble de son écosystème financier »