06 Mars 2017

Snapchat: existe-t-il une bulle de la technologie ?

Vous connaissez Snapchat, cette application destinée aux jeunes utilisateurs de Smartphones ? Elle permet de diffuser à ses proches un contenu amusant et sympathique. Or elle vient de s’introduire sur le New York Stock Exchange. Le titre clôture 50% au-dessus du prix d’offre, pour une valeur proche de 30 milliards de $. Des multiples de valorisation qui rappellent la bulle internet...
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Vous connaissez Snapchat, cette application destinée aux jeunes utilisateurs de Smartphones ? Vous savez peut-être qu’elle permet de diffuser à ses proches un contenu amusant et sympathique. Or elle vient de s’introduire sur le New York Stock Exchange. Le titre clôture 50% au-dessus du prix d’offre, pour une valeur proche de 30 milliards de $. Les multiples de valorisation rappellent la bulle internet. Dans le même ordre d’idées, Uber, Didi Xuching et AirBnB ne sont pas cotées en bourse mais leur valeur estimée se compte en dizaines de milliards de $, malgré de considérables pertes historiques. L’innovation prospère-t-elle donc dans une économie de bulle ?

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Le secret de la licorne

La multiplication des licornes frappe (1) l’imagination. 185 sociétés immatures valent plus d’un milliard de dollars. Elles ne recherchent que marginalement la cotation en bourse ou la vente à un concurrent. Elles accumulent les pertes. Certaines connaissent de vrais accidents industriels, comme Theranos, ou l’amertume des refinancements d’urgence à prix cassés. Pourtant, comme le démontre le succès de l’IPO de Snapchat, le marchés financiers demeurent désireux de consacrer les licornes.

Pour de multiples raisons, dont la principale est l’espoir d’avoir investi dans un des futurs géants de la technologie. La valeur cumulée des 185 licornes est en effet à peine supérieure à celle de Google. C’est à cette aune qu’il faut considérer le rapport rendement risque de ce portefeuille.

Le capital-risque, accélérateur de l’innovation

Les fondateurs des licornes recherchent leur financement auprès du capital-risque (2) pour des raisons bien connues. L’innovation, par définition, doit trouver un marché qui ne l’attend pas. Elle enregistre des pertes initiales qui doivent être absorbées par du capital. En outre, ce type de financement stimule l’innovation et accélère la mise sur le marché des produits. Une très grande vitesse nécessaire pour des jeunes sociétés qui expriment des ambitions mondiales. Mais la vitesse et l’agilité sont aussi nécessaires aux très grandes entreprises, dont plusieurs centaines co-investissent dans des start-ups dans le cadre de politiques d’open innovation.

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L’innovation, valeur de civilisation.

L’Europe, puis la totalité de l’Occident ont dominé le monde depuis la Renaissance. Pour des raisons qui tiennent beaucoup à l’alliance du progrès scientifique et d’une philosophie politique favorable à l’individualisme et aux innovateurs. Plus récemment, c’est le capital-risque qui a transformé le capitalisme des Etats-Unis tout en lui conférant un leadership technologique mondial. La Chine emprunte résolument le même chemin, avec des moyens et des réussites considérables.

L’Europe a pris du retard pour des raisons démographiques, financières et institutionnelles. Mais son épargne (qu’il faudra transformer en capital), son immense marché et ses traditions scientifiques et entrepreneuriales lui permettent d’espérer. Il s’agit d’abord d’une question de volonté politique.


(1) Licornes : sociétés non cotées en bourse et valorisées à plus d’un milliard de $

(2) En anglais : Venture capital. La nuance n’est pas seulement sémantique.

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