09 Novembre 2016

Trump: it's the economy, stupid !

Donald Trump et Hillary Clinton ont livré une bataille fondée sur des thèmes négatifs: la dénonciation de la corruption personnelle de son adversaire pour Trump, le dégoût de la vulgarité des propos et du comportement du candidat républicain pour Clinton. Celle-ci a négligé l'économie, élément discret mais fondamental d'une campagne nostalgique d'un American dream moribond. Elle en  paye aujourd'hui le prix.

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Le 2 février dernier, peu après le début des élections primaires, je publiais un post sous le titre suivant: Trump et Sanders : la revanche de la middle-class sur l'économie. La première phrase ne démontre pas une exceptionnelle prescience: "Donald Trump et Bernie Sanders ne seront probablement jamais président des Etats-Unis". Mea maxima culpa.

Pour le reste, je pense que les constats de l'époque restent d'actualité et expliquent, ex post, la victoire de Donald Trump. Parmi les thématiques citées à l'époque:

Le rêve américain est corrodé par la stagnation du revenu médian depuis 25 ans (ironie du sort, il a augmenté de 5% en 2015) et par la hausse extraordinaire du coûts des études dans la même période. La fin du rêve de la mobilité sociale se double de la diminution drastique des effectifs de la classe moyenne. Le taux de chômage a été divisé par deux, mais la qualité des emplois a été dégradée pour beaucoup d'Américains sous le double effet (allégué) de la mondialisation et des avancées technologiques. 

Cette conjoncture économique, dévastatrice pour une minorité, a suffi pour faire pencher la balance du côté du candidat républicain. La middle-class réclamait une hausse des salaires et la création de jobs sur le territoire des Etats-Unis. Elle rejetait les élites et en particulier Wall Street, coupables d'avoir organisé son "expropriation" symbolique de la communauté américaine.

Hillary Clinton a beaucoup emprunté au programme de Bernie Sanders (hausse du salaire minimum, réduction du coûts des études). Mais elle a été impuissante à renverser la charge symbolique de son parcours politique. Elle est apparue comme le parfait symbole d'un système en échec économique, malgré des statistiques "macro" flatteuses. Elle en paie aujourd'hui le prix et peut regretter d'avoir dépensé son énergie sur des sujets sérieux (défense des femmes et des minorités) mais en réalité secondaires durant la campagne.